Dans ce numéro spécial, sociologues et anthropologues de la santé examinent les processus de catégorisations sociales faisant émerger des « bonnes » et des « mauvaises » patientes. Support de ces soins différenciés, ces catégorisations ont des effets potentiellement discriminatoires, en particulier sur le plan du racisme et/ou du sexisme. Les contributrices questionnent plus largement les conditions de production de ces soins différenciés en analysant le fonctionnement institutionnel des établissements de soin, les inégalités d’accès aux soins, les politiques de santé périnatale à l’œuvre dans différents pays, ainsi que les violences systémiques qui peuvent traverser l’ensemble de ces domaines. Les contributions mettent en avant les spécificités régionales de la relation de soins, tout en interrogeant les structures étatiques et institutionnelles communes, productrices de différences. Elles analysent à la fois la production politique des soins différenciés en santé périnatale et les effets des organisations institutionnelles dans la distribution et la qualité des soins. Il s’agit in fine de mettre en lumière les incidences de ces soins différenciés sur la trajectoire de soins des femmes enceintes, au gré des arrangements et adaptations quotidiennes qui forment la relation de soin.

Mon article accessible en ligne: « Mise sous silence des actions antidiscriminatoires dans l’accès aux soins. Le champ périnatal face aux discriminations à l’encontre des femmes étrangères en France. »

Résumé: Depuis les années 1990, les politiques de santé périnatales françaises ont identifié les femmes étrangères comme un public au risque périnatal élevé à prendre en charge de manière prioritaire au sein de dispositifs dédiés. Bien qu’en pratique ces dispositifs médico-sociaux luttent contre les discriminations que connaît ce public dans l’accès aux soins, leur dimension antidiscriminatoire y est néanmoins invisibilisée. Cet article analyse les mécanismes d’invisibilisation de ces actions antidiscriminatoires au sein du champ périnatal au regard des logiques contradictoires de la politique de santé et de la politique migratoire française. Il montre que la mise sous silence de l’action antidiscriminatoire dans les textes des politiques de santé périnatale, dans le ciblage des dispositifs dédiés et dans les pratiques des professionnel·le·s de santé entrave la prise de conscience des mécanismes discriminatoires par les femmes étrangères, limitant leur capacité à se mobiliser contre les discriminations.

Mots clefs: discriminationimmigrationpérinatalitéaccès aux soinspolitiques publiquesactions antidiscriminatoiresParisSeine-Saint-DenisFrance

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